Aujourd'hui, les femmes sont à l'honneur au village baga*. La majestueuse D'mba ou Nimba comme l'appelle les Susu, va offrir un magnifique spectacle aux villageois. Elle ne rate aucune occasion pour se présenter devant ces concitoyens, qu'il s'agisse d'un mariage - pour aider les nouveaux mariés à s'engager sur la bonne voie -, de funérailles - pour accompagner les défunts vers le monde des ancêtres duquel ils continueront à veiller sur la communauté - ou des fêtes célébrant les semailles ou les récoltes durant lesquelles elle personnifie la fertilité et la promesse de productivité.C'est qu'elle est belle la D'mba! Belle et imposante. Ni esprit, ni déité, elle est l'abstraction de l'idéal féminin tel que représenté par la société baga. Elle est honorée en tant que mère universelle, véritable incarnation de l'éternel féminin, force porteuse de puissance, de beauté et d'amour.
Masque monumental, la D'mba mesure plus de 2 mètres de haut lorsque portée par le danseur, elle fait virevolter sa longue jupe de raphia et sa cape sombre. Seuls les jeunes gens les plus robustes peuvent la porter.
Sous cet attirail, le danseur est quasi-invisible et sa virtuosité n'en est que plus magique. Ne voyant que par les petits trous percés entre les seins de la D'mba, il enchaîne les figures les unes après les autres sous le regard dardant de la foule. Le spectacle se prolonge sur plusieurs jours et met à l'épreuve plusieurs danseurs qui se relaient , portés par le martèlement puissant des tambours et les chants des femmes. Les spectateurs apprécient, savourent, commentent. Des femmes lancent du riz, quelques hommes tentent de toucher la D'mba, de toucher ses seins comme pour implorer ses vertus nourricières et sa fécondité.
Photo: Masque D'mba au Métropolitan Museum of Art de New York
*Baga: peuple de Guinée



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